Propriété rurale en 1890 et restaurée début
1900, ce domaine situé sur les hauteurs de Wépion
domine la vallée de la Meuse et jouit d'une vue exceptionnelle.
En 1908, un bruxellois du nom d'Aurélien Bayot en fit l'acquisition. Il veut transformer la propriété rurale en un château et entrer en compétition avec les propriétés les plus séduisantes de la vallée. Sa mère étant d'origine auvergnate, il s'est inspiré du style français pour l'aménagement du domaine .
A la liste des châteaux Drion, Wasseige, Grosjean s'ajoutera désormais celui des Bayot avec ses écuries, ses remises, ses trois maisons de jardinier, son jardin d'hiver, sa serre à raisins et à fleurs, sa pièce d'eau, son parc, sa villa, sa chapelle.
Déjà, à cette époque, Aurélien Bayot allait acheter ses chemises à Paris et ses gants et cravates à Cannes. Il faisait de fréquents voyages (33) en Russie et, avant la guerre, les généraux du tsar de Russie vinrent au château.
Le 30 mai 1914, il rend son âme à Dieu. Deux mois plus tard, c'est la guerre.
Le 4 juin 1920, Madame Bayot, veuve d'Aurélien, vend la propriété à cinq religieuses bénédictines dont l'aînée, soeur Hildegarde, née en 1881 en est la Prieure.
Le Château Bayot se découvre, à cette date, la vocation la plus imprévue qu'il soit : « Le Monastère du Mont Vierge », d'où le nom de Moûtier.
Ora et Labora, il faut prier et travailler. Ateliers d'édition, reliure, imprimerie, imagerie de circonstance, confection d'ornements sacerdotaux, ils fonctionnent à plein rendement.
Hélas, la solitude indispensable est remise en question par l'environnement. Les religieuses décident d'acquérir le Domaine de Marlagne et le 19 septembre 1928, la propriété passe à Monsieur Joarlette.
Le Monastère du Mont Vierge retourne à sa vocation de château qui lui avait été dévolue par Aurélien Bayot, lequel n'en était pas peu fier comme en témoignent les deux initiales entrelacées A B surmontant la porte principale d'entrée. Elles y sont toujours ainsi que les inscriptions religieuses également visibles au second étage et dans une des salles à manger qui servait aux Bénédictines du Mont Vierge de salle du Chapitre .
Le 21 juin 1931, le domaine passait aux mains de Monsieur Victor Lannoy, industriel bruxellois, de surcroît Ambassadeur des Etats-Unis durant plus de 40 années.
Roger Siot, industriel, fondateur et administrateur de la société Sambre et Dyle, ainsi que de nombreuses autres sociétés, s'en porta acquéreur au nom de son épouse, Marguerite Elias de Mollein. C'était le 15 avril 1939. Le Château du Moûtier devient dans le village le « Château Siot » et ce depuis plus de 60 ans.
Au décès de Marguerite Siot, née Elias de Mollein, la propriété échut à une de ses filles, Micky Duysan-Siot qui l'habite et oeuvre incessamment à l'embellissement des lieux , tout en lui conservant son nom de Moûtier.
Chronique de guerre
En 1914, la propriété fut occupée par l'état-major allemand. Le Kronprinz y séjourna ainsi que des officiers tsaristes . Le Prince de Reus vint les saluer.
A la même époque, 2 officiers pilotes anglais , dont les avions avaient été abattus furent cachés dans la fermette de l'entrée , jouxtant les écuries , afin de se soustraire à l'armée allemande .
Le nom d'origine de la propriété était « Mon Caprice » et en 1918, occupée par les canadiens, les soldats arrachèrent les boiseries pour faire du feu de bois pour s'y chauffer.
En 1944, le château fut réquisitionné par l'armée américaine . De nombreux officiers de toutes nationalités (Liaison Officer) y séjournèrent, accompagnés de leurs ordonnances.
Ils partirent pour céder la place au Général Rhodges qui s'y installa avec sa compagne algéroise et sa suite (chauffeurs, ordonnances, cuisiniers, etc.) pendant plus de 6 mois. Il y resta le dernier, après que les divisions américaines soient rentrées aux USA.
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Et que revienne le temps de paix et que passent les années ...
Objets inanimés avez-vous donc une âme ? La sérénité de ces lieux empreints de souvenirs en est la preuve indiscutable .
Y ont été accueillis entre autres :